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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

L'industrie nantaise d'hier à aujourd'hui

XIXe siècle : l’industrie en cœur de ville

1 - La Loire, axe du développement industriel nantais

Le Port de Nantes, lieu d’échanges et de production

Nantes s’industrialise d’abord grâce à son port. Dans les faits, tout est lié : l’industrie navale se développe pour importer le sucre, le coton ; la métallurgie travaille à l’équipement des raffineries et conserveries, les entreprises de produits manufacturés fournissent la cargaison à l’aller…

Les industries textiles et métallurgiques nantaises, développées grâce aux chantiers navals, peinent à prendre le virage de l’industrialisation à la fin du XIXe siècle. De fait, les ateliers de tissage et de textile disparaissent en raison d’une concurrence forte entre régions et dès 1890, on assiste à une décennie complexe pour la métallurgie avec l’arrivée de grands groupes parisiens qui prennent la place d’entreprises familiales nantaises.

Une recomposition de la trame du tissu industriel s’effectue ainsi au rythme de fondations et de fusions entre 1890 et 1914.

 

Des fleurons industriels le long de la Loire

Navale. L’industrie navale se développe à Nantes grâce à son intense activité commerciale, notamment avec les Antilles. Au départ, elle se présente sous la forme de proto-industries : filatures de laine et de coton, corderies, raffineries de sucre, de salaison, voileries ainsi que des ateliers dédiés à la construction/réparation des navires. Ainsi, en 1830, on dénombre 30 filatures de coton, 13 raffineries, 14 chantiers de constructions navales. Au début du XXe siècle, les usines nantaises et de l’estuaire comptent près de 30 000 ouvriers et ouvrières principalement dans les chantiers navals et la métallurgie.

 

 


Chantier Dubigeon (Région des Pays de la Loire – Inventaire général, illustration 19/30)

 

Agroalimentaire. A la fin du XIXe, l’industrie agroalimentaire nantaise, au travers de la biscuiterie (Lu, Biscuiterie Nantaise…), de la conserve (Saupiquet…), et la savonnerie s’affirment sur le territoire. Ces industries réussissent à intégrer de nouveaux modes de production plus industriels et à innover dans leurs produits en se diversifiant. Saupiquet, créé en 1891, surmonte par exemple la crise de la sardine en élargissant son offre aux légumes

  • Conserveries. En 1824, avec la création de la première conserverie industrielle par Pierre-Joseph Colin, Nantes devient au cours de ce siècle la capitale de la conserve. Elles sont au nombre de cinq manufactures en 1842, toutes situées dans le Bas-Chantenay, et 24 en 1883. Les conserveries profitent à la fois des ressources issues de la pêche et de celles issues du maraichage local.

 

 


Conserverie Amieux (Région des Pays de la Loire – Inventaire général, illustration 10/19)
 

 

  • Biscuiteries. La société Lefèvre-Utile installe sa biscuiterie dans les anciens locaux d’une filature quai Baco en 1885. Elle y met en place la mécanisation et la production de masse. En 1896, la Biscuiterie Nantaise (BN) s’installe place François II, elle n’en partira qu’en 1984.

 

  • Brasseries. Au XIXe siècle, les brasseries artisanales, dues à l’importance historique de la colonie nordique de Nantes entrent dans l’ère industrielle. Des 3 brasseries créées dans la première moitié du XIXe, il n’en reste qu’une au début du XXe siècle : la brasserie de la Meuse qui subsistera jusqu’en 1984.
     

Brasserie de la Meuse, après 1928 (Région des Pays de la Loire, inventaire général, illustration 4/42)

 

 

  • Raffinage du sucre. La sucrerie de canne Say est fondée à Nantes en 1812. Elle sera intégrée à la société Béghin en 1967. La société Billard est créée en 1879 à Nantes autour des produits coloniaux, elle y développe une raffinerie de sucre. Elle s’associera en 1967 avec la société parisienne Groult pour créer la société Tipiak.

 


Raffinerie de Chantenay  - détruite (Région des Pays de la Loire, inventaire général, illustration 20/46)
 
 

Affiche publicitaire pour une marque de sucre produite dans une des raffineries de Chantenay
(Région des Pays de la Loire, inventaire général, illustration 69/71)
 
 

 

Savonneries. Au XIXe siècle, on compte une trentaine d’établissements sur Nantes dédiées aux savonneries. Il n’en reste aujourd’hui qu’une seule en activité à Rezé.

Chimie. Les industries chimiques concernent toutes les usines travaillant les matières brutes provenant du port : traitement de toile, raffinage du sucre, fabrication d’engrais, transformation des huiles tropicales en savon. Cette filière décline quelque peu avec la fin du commerce triangulaire et de l’industrie textile locale. D’abord concentrées autour du port et des voies ferrées pour des questions logistiques, les activités migrent vers l’Estuaire pour un meilleur accès aux navires.

Engrais. Les industries chimiques se développent aussi dû au recours au noir animal, utilisé après traitement comme engrais. De 1840 à 1860, cela représente 10 % du trafic du port qui transite à Nantes. L’activité déclinera ensuite progressivement après la première guerre Mondiale.

Bois. Le bois représente depuis toujours une part importante du trafic du port ; auparavant bois de chêne pour la tonnellerie et les coques de navires, bois des conifères du nord de l’Europe pour construire des superstructures etc. Au 18ème siècle, l’acajou servait à confectionner les meubles des hôtels des armateurs. Aujourd’hui, le port est l’un des premiers pour l’importation de bois d’œuvre en France même s’il n’est qu’une station complémentaire des terminaux de Montoir à Saint-Nazaire.

 


Plan industriel et commercial (archives de de la ville de Nantes, 1FI1240)

 

2 - Un trésor patrimonial entre valorisation et mutation

L’ile de Nantes : produire la ville sur du patrimoine industriel

La  Prairie aux Ducs, partie occidentale de l’île de Nantes, s’urbanisme à la fin du 18ème siècle du fait de l’implantation de raffineries de sucre, de filatures et tanneries. Elle accueille dès 1840, rive gauche, les chantiers de constructions navales, puis par la suite les ateliers de métallurgie, les usines d’engrais, la gare de chemin de fer d’État (1887) ou encore BN (1896).

À partir des années 1970, commence le déclin de son activité industrielle : BN ferme en 1981. Le dernier navire des chantiers est inauguré en 1986, Beghin-Say ne raffine plus depuis 2009 et les friches industrielles se multiplient.

À l’origine, il était question d’y implanter un centre d’affaire mais une requalification plus douce est plutôt privilégiée. Finalement, le quartier offre un nouveau visage : constructions ou reconstructions avec un palais de justice et une maison de l’avocat, l’école des beaux-arts etc, des lieux touristiques (machine de l’île), de détente (hangar à bananes) ou immeuble d’habitations.

 

 

L’Ile de Nantes est encore marquée par son passé industriel : les restes des Chantiers Navals au travers du Hangar à Bananes, de la grue titan (monument historique), nefs… ; usine LU réhabilitée au début des années 90 en lieu de spectacle ; Halles Alstom réhabilitée pour accueillir entres autres l’école des Beaux-Arts… A noter que la nouvelle phase d’aménagement de l’Ile de Nantes suite au déménagement du Min prévoit la préservation du bâtiment emblématique des raffineries Béghin-Say.

 


Réhabilitation de la Manufacture de tabac, 1983 (archives de la ville de Nantes, 20/27)

 

Bas-Chantenay : réinventer la zone industrielle

En 1850, la commune, alors indépendante de Nantes, compte moins de 5 000 habitants. Un demi-siècle plus tard, elle compte 20 000 habitants dont 4 000 ouvriers. Cette croissance rapide est liée à l’implantation et au développement de grandes entités industrielles en bord de Loire (papeteries, engrais, rizeries, savonneries…). La commune est fusionnée à Nantes en 1908. A partir des années 1960, ce quartier subit un fort élan de désindustrialisation avec la fermeture d’entreprises emblématiques : Dubigeon, Amieux, Brasserie de la Meuse…

La présence du Grand Port Maritime de Nantes et d’emprises industrielles importantes (Leroux et Lotz, Armor, Idéa, Vinaigres Caroff…) marquent encore le paysage du Bas-Chantenay. Le quartier fait l’objet d’un projet urbain orienté vers davantage de mixité avec sur la frange nord la construction d’un quartier mixte incluant bureaux, logements et commerces et au sud, une valorisation de l’activité industrielle. La partie industrielle porte encore un patrimoine de forte valeur à l’image de l’usine électrique ou de l’ancienne usine d’engrais Wesafic qui abrite désormais les ateliers de Royal Deluxe. La mise en place de l’Arbre aux Hérons au sein de l’ancienne carrière devrait permettre de valoriser ces espaces.
 

Chantier naval, salle à tracer (Région des Pays de la Loire - Inventaire général, illustration 21/44)

 

Milieu du XXe siècle : l’industrie sur les axes

3 - Concentration et accessibilité pour éviter les conflits d’usage

Extension urbaine et zones d’activités

L’industrie nantaise bénéficie de l’après-guerre qui permet la relance de la construction navale, de la métallurgie et de l’agroalimentaire dans un contexte de reconstruction. En 1954, le secteur industriel occupe encore 46,8 % des emplois nantais. On observe cependant une redistribution progressive de ses sites industriels vers les villes périphériques pour répondre aux besoins d’extension des entreprises.

Dans les années 1960, l’économie nantaise amorce un tournant vers le tertiaire. Les services se développent pour répondre aux besoins de l’industrie qui s’ancre en périphérie et dans l’agglomération voisine de St-Nazaire. LU (1846) délocalise en 1986 et BN (1896) fait cesser l’activité de l’usine de Nantes en 1984. La manufacture de tabac se délocalise à Carquefou en 1976 tout comme BN qui ouvre une seconde usine dans cette même ville.

Principal symbole de ce changement : le déclin progressif des chantiers navals, marqué par les baisses de subventions étatiques couplées à la montée de la concurrence étrangère, s’achève par la fermeture du dernier site, Dubigeon, en 1987.

> consulter : Les sites d'activités de l'agglomération nantaise

 

 

Diversification de l’industrie nantaise

Les concentrations et absorptions d’entreprises s’accélèrent et amènent des disparitions (les raffineries comme celle de Chantenay ou les savonneries dont une seule reste en activité aujourd’hui), mais d’autres secteurs tels que l’automobile et l’informatique se décentralisent. La construction aéronautique se développe à Bouguenais.

Aéronautique : La première usine Bréguet s’installe durant l’entre-deux-guerres à proximité du terrain d’aviation de Château-Bougon au sud de l’agglomération. En 1968, l’usine Sud-Aviation qui a pris la suite de Bréguet compte plus de 2 600 salariés. En 1970, c’est le début de l’aventure Airbus. Aujourd’hui, le site produit l’usinage de pièces de grande dimensions, l’assemblage de tronçons, l’usinage chimique, protection, traitement de surface et les composites structuraux. L’essor de cette activité, en complément de la Navale, a entrainé avec elle le développement de la chaine de sous-traitance tout le long de l’Estuaire aval de la Loire avec des spécificités fortes autour des matériaux composites.

 

 

Energie : Le port de Nantes-St-Nazaire est marqué par l’importance des trafics de matière fossiles qui permettent d’alimenter la raffinerie de Donges et les terminaux méthaniers et charbonniers de Montoir-de-Bretagne. La centrale de Cordemais est  mise en service en 1970. Souvent accrochés à des savoir-faire liés à la construction navale, de nombreuses entreprises sous-traitantes se diversifient pour répondre aux marchés de l’extraction et du raffinage de matière fossiles puis se spécialisent dans le génie thermique. Leroux et Lotz est ainsi créée dans les années 1940 pour répondre aux besoins de la construction navale mais s’ouvre rapidement à d’autres marchés. Dans les années 1960, le groupe Saunier-Duval choisit Nantes pour accueillir son unité de production de chauffage. Toute l’activité d’études et de recherche et développement est regroupée sur Nantes en 1985.

 
4 - Du foncier qui se raréfie pour des zones sous pression

Vertonne : requalifier les zones d’activités vieillissantes

Le site de la Vertonne s’est organisé après-guerre et a connu un bond important dans les années 1960 avec l’implantation de l’unité de production de BN. Il a conservé depuis sa vocation industrielle et accueille aujourd’hui près de 260 entreprises pour environ 3 200 emplois. Il est marqué par la raréfaction du foncier disponible alors même qu’un certain nombre d’entreprises ont constitué des réserves foncières dont elles n’ont pas forcément l’usage. Une vaste opération de requalification a été lancée en 2016 par Nantes Métropole avec l’appui de Loire Océan Développement afin d’optimiser le foncier sur le site et de relancer son attractivité.

 

Nantes-Carquefou, Centre industriel de St-Herblain : préserver les capacités industrielles

Dès la fin des années 1950, la ville de Carquefou est identifiée comme pôle économique à développer. La zone industrielle de Nantes-Est y est implantée dans les années 1960. Cette zone qui accueille de petites entreprises est complétée par la zone industrielle Nantes-Carquefou qui accueille de plus grandes unités à l’image de la Seita. Cette zone est aujourd’hui rattrapée par la pression foncière exercée par d’autres destinations. Au Nord, le Plan Local d’Urbanisme prévoit une frange dédiée au tertiaire afin de ménager un espace tampon entre industrie et habitat. Au Sud, la zone industrielle Nantes-Est présente un profil déjà beaucoup plus marqué par la mixité des usages.

 

 

Dans le cadre du développement rapide de la ville, St-Herblain ouvre de grandes zones industrielles dans les années 1960 : le centre industriel de St-Herblain et la ZI Loire. Le Centre industriel de St-Herblain accueille des industries diversifiées : Waterman, Gascogne-Sacs, Tipiak… La présence aux limites du centre industriel de la zone commerciale d’Atlantis, zone majeure dans la région, exerce une pression constante sur le foncier industriel qui suscite les convoitises de fournisseurs et autres commerces.

 

 
5 - Aujourd’hui : l’industrie toujours plus loin ?

Un estuaire industriel : Exurbanisation des activités industrielles

Depuis longtemps, les liens économiques entre Nantes et St-Nazaire sont forts. Le développement économique se pense de plus en plus à l’échelle de l’Estuaire, prenant en compte le bassin de sous-traitance industrielle des grands donneurs d’ordre nantais et nazairiens. Cela s’est exprimé au travers de stratégies successives à l’image du premier Schéma de Cohérence Territorial commun mis en place dans les années 2000, de la mise en place du Pôle Métropolitain Nantes-St-Nazaire en 2012, de l'élaboration d'un schéma logistique en 2014 et de la fusion des agences de développement en 2015.

 

 

Dans la dernière décennie, 80 % du foncier commercialisé en parc d’activité l’a été en-dehors de Nantes Métropole. Les capacités foncières de la Métropole dédiée à l’activité se sont réduites et sont désormais concurrencées par de grandes zones à proximité qui offrent des opportunités à moindre coût. Le développement de zones sur les territoires périphériques a permis à certaines entreprises de s’étendre à proximité : Armor a ainsi déplacé son unité de production à La Chevrolière (1990), l’impression de l’édition locale du journal Ouest France se fait désormais sur le site de Tournebride à La Chevrolière…

 

 

6 - Un renforcement du lien entre industrie et innovation

Nantes Métropole s’appuie de plus en plus sur son appareil de l’Enseignement et de la Recherche pour développer ses filières industrielles vers toujours plus d’innovation. La création de l’IRT Jules Verne, dédié aux Matériaux Composites renforcée par la mise en place de 3 technocampus spécialisés : Composite sur les matériaux composites, Smart Factory sur l’usine digitale et Océan sur les filières navale et Energie Marine Renouvelable. Plus récemment, le programme "Plugin", impulsé par Nantes Métropole et la CARENE, a été déployé pour créer des passerelles entre les grands donneurs d'ordres industriels et les startup du numérique (programme piloté par le pôle EMC2).

 

 

Energies renouvelables : S’appuyant sur les savoir-faire des filières historiques (navale, aéronautique…) et sur la capacité d’innovation du territoire, Nantes s’est imposée ces dernières années sur la question des énergies renouvelables grâce à son industrie. Cela s’exprime d’abord par la diversification d’entreprises majeures du territoire : Armor et Saunier-Duval sur le photovoltaïque, Leroux et Lotz sur la biomasse, DCNS sur les EMR… De nouvelles entreprises apparaissent dans leur sillage, souvent sous le profil de « start-up » : Innosea, GEPS Techno… Ces filières se structurent rapidement autour d’associations ou de grands projets.

 

Industries culturelles et créatives : Les industries culturelles et créatives regroupent les industries culturelles (production et diffusion massive et marchande d’objets culturels) et les industries créatives (production et exploitation de la propriété intellectuelle). Cette notion émerge dans les années 1990. A Nantes, elles trouvent leur ancrage autour du quartier de la Création qui leur est dédié. Principalement composées de petites entreprises sur le territoire (Moswo, Succubus Interactif, Intuiti…), elle est la preuve de l’importance qu’occupe le numérique et de l’innovation dans les stratégies d’entreprise.

 

Santé-Biotechnologies : Fondé en 1987 à Nantes, le groupe Eurofins est un des leaders mondiaux de la bio-analyse. Avec lui, de grands groupes comme Biomérieux ou Valvéna se sont installés sur Nantes. Le déplacement du futur CHU occasionnera la création d’un Pôle de Santé et de Recherche sur l’Ile de Nantes.

 

 

7 - Industrie à forte valeur ajoutée et industrie traditionnelle : Nantes, centre de services ?

D2A : Allier performance et innovation

La zone d’activité aéroportuaire de Nantes s’est construite d’abord autour de l’aéronautique. Avec la création d’Airbus en 1970, la zone d’activité se structure. Elle comprend un ensemble de parcs d’activités contigus : la zone du Chaffault, Airbus, la zone de la Croix Rouge et le D2A.

Ce dernier a été retenu pour l’implantation de l’Institut de Recherche Technologique Jules Verne ainsi que des trois technocampus thématiques. Cette localisation crée un effet d’entrainement sur les entreprises industrielles locales. Par exemple, les DCNS ont choisi d’implanter leur centre de recherche sur les Energies Marines au sein du technocampus Océan.

 

 

Pôles Agroalimentaires Océane et Géraudière : Créer du lien pour innover

L’Agroalimentaire est une filière « historique » de la métropole nantaise dont la présence physique a beaucoup évolué, suivant les tendances de localisation industrielle à travers les époques. Un pôle dédié à l’innovation agroalimentaire s’est constitué sur le site de la Géraudière, accueillant à la fois les grandes écoles (ONIRIS…), les organismes de recherche (Plateforme Régionale d’innovation Cap’Aliment…) et un incubateur dédié à l’accompagnement des nouvelles entreprises innovantes.

 

 

Avec le déménagement du Marché d’Intérêt National, un nouveau pôle se constitue au sud de la métropole pour accueillir les industries agroalimentaires locales et ainsi renforcer les liens au sein de la filière. Ce projet s’inscrit dans une réflexion globale sur le parcours résidentiel des entreprises de la filière en complément de l’offre proposée par la Géraudière.

 

Et demain :  quel impact sur les besoins de localisation ?

Le retour de l'industrie en centralité ?

Les choix de localisation de l’industrie en ville répondent à divers intrants actuels : nuisances, besoin d’espace, accessibilité des axes structurants, proximité des services notamment logistiques… Cependant, les évolutions économiques et technologiques actuelles ouvrent la voie à plusieurs scénarii possibles à combiner : un retour de la petite fabrication avec des entreprises davantage mises en réseau ; une concentration autour de grands groupes avec davantage de connexions avec l’usager ; un développement de la notion de local ; une économie des usages relocalisée.

La robotique, l’usine digitale, les imprimantes 3D, les objets connectés ou encore la garantie à vie sont autant d'innovations qui permettront à l’industrie traditionnelle un renouvellement de ses unités de production et un regain de performance.

 

Avec ces évolutions, quelle sera la place de l’industrie en ville ?

Certains besoins devraient s’accentuer pour l’industrie traditionnelle : la connexion au Très Haut Débit, le lien renforcé avec l’Enseignement Supérieur et la Recherche, la performance des outils logistiques, l’optimisation de la consommation énergétique… Cela passe d’abord par la requalification des zones existantes et la mise en réseau des opérateurs afin de faire émerger des dynamiques collectives à l’image de ce qu’il se passe déjà sur certaines zones : Chantrerie, Erdre Active…

De nouvelles formes d’industries, plus compatibles avec les fonctions résidentielles, pourront se développer à l’image du futur Pôle Santé de l’Ile de Nantes. Orientée davantage vers la Recherche-Développement avec des unités de production plus compactes et automatisées, produisant peu de nuisances, ces activités qui nécessitent une forte connexion entre elles et avec leur clientèle auront besoin de se rapprocher de la centralité.

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